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Guillaume Robert est né en 1975. Il vit actuellement dans les Monts du Lyonnais.

Les recherches artistiques de Guillaume Robert composent des micro-mondes, inventent des territoires à la croisée des champs (littérature, science, géopolitique, histoire de l’art…). Il en résulte des expériences réflexives, poétiques et parfois purement sensitives. La vidéographie demeure son médium de prédilection, construisant films après films une sorte d’odyssée rurale où les corps, les mots, l’histoire, le travail sont mis en scène dans le paysage. Sa pratique inclut depuis plusieurs années l’installation, l’objet, le texte, le son, la photographie et la mise en relation au sein d’expositions-projets de ces divers médiums.
Les processus scénarisés de création qu'il engage se passent rarement de moments de coopération, d'invitations lancées à des tiers : un garagiste, un géophysicien, des interprètes (danseurs, comédiens), un forgeron, un éclairagiste, un musicien, un apiculteur, un berger…

Sa pratique s’initie à partir d’une réflexion sur le dispositif cinématographique, qui, outre une recherche directement liée à la problématique de la représentation, pourrait se résumer à cette question : comment construire des façons de faire cinématographie tout en se privant des outils qui usuellement les mettent en oeuvre (ici sans scénario, là sans corps, sans texte, sans montage, ou sans caméra...) ? Ces processus de déconstruction, de soustraction, ne se privent cependant pas de composer une dramaturgie, de provoquer une expérience immersive conduisant vers une forme de réalisme magique contemporain.

Chaque champ de recherche investi est alimenté par des narrations ouvertes, irriguées de corpus littéraires, historiques ou iconographiques. La littérature, la science, l’histoire, l’histoire de l’art s’y invitent donc, distillant des fragments de mémoires, de libres-jeux de réminiscences. Ces matériaux sont rarement transmis bruts. Ils subissent diverses opérations d’appropriation (translation, traduction, mutation, reenactment). Ils viennent percuter du réel, s’incarnent (voix, corps, visages, objets), s’hybrident à un contexte, à un territoire (paysager, géographique, social). Les stratégies processuelles et plastiques qu'il utilise procèdent par accumulation, superposition de couches (sédimentation narrative, sédimentation de matériaux, de sens, sédimentation du temps).

Guillaume Robert privilégie depuis plusieurs années la création filmique, performative ou sculpturale dans les paysages de moyenne montagne (Arcadie, Bosnie, Creuse, Diois, Haut-Bugey, Kabylie, Lot ...).
Il envisage ces paysages d’un point de vue scénique : ils sont une scène où peut venir prendre place l’écart, un écart porté par des figures, des objets, du son, une activité. Les paysages de ces territoires, à la fois pittoresques et vivants, et se composant en deçà du sublime (a contrario du désert, de la haute montagne ou de l’océan par exemple), l’intéressent pour leur généricité : ces paysages font image et en même temps ils permettent une sorte de modélisation d’être au monde : ils engendrent une nature familière, proximale, un socle premier. Un socle à partir duquel il est possible de venir injecter une étrangeté, une humaine étrangeté (le langage ou la violence ou la science ou le travail ou le regard ou l’histoire ou la matière domestiquée...).